Sans Patrie

Acharnement contre une mère de famille kurde

Ne laissons pas expulser une mère de famille kurde !

La préfecture d’Ille et Vilaine a tenté d’expulser vendredi 3 avril Madame CICEK Gullu, mère de famille kurde.


Arrivée en 2010 pour rejoindre sa famille installée à Rennes, Madame Cicek a tenté vainement de régulariser sa situation pour rester vivre légalement auprès de son mari, titulaire d’une carte de résident (10 ans), et de ses 3 enfants majeurs.

 

Une arrestation déloyale et une tentative d'expulsion illégale

Sur les conseils de militants, elle s’est rendue mercredi 1er avril au centre social Carrefour 18 pour s’inscrire au cours d’alphabétisation et améliorer son niveau de français comme exigé par la préfecture. Alors qu’elle allait pénétrer dans les locaux avec son fils aîné, elle a été arrêtée par la PAF et conduite au centre de rétention de Rennes Saint Jacques. Dans sa précipitation à embarquer Madame Cicek, le véhicule de la PAF a provoqué un accident avec 2 autres voitures.

Très choqués par les conditions de cette arrestation, son fils a rapidement informé les associations et les avocats, afin de préparer les recours contre la décision préfectorale d’enfermer la mère de famille avant de l’expulser vers la Turquie. Mais la préfecture d’Ille et Vilaine n’a pas attendu que le JLD se prononce sur la légalité de l’arrestation, ni même le TA sur le placement en rétention pour conduire dès 7h vendredi matin, Madame Cicek sous escorte à l’aéroport de Paris pour l’expulser vers Istanbul.

Cette expulsion est illégale ! Dans un récent arrêt du 15 janvier 2015, le Conseil d’Etat a jugé que « l’introduction d’un recours sur le fondement du III de l’article L.512-1 du Code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile a par elle-même pour effet de suspendre l’exécution de la mesure d’éloignement en vue de laquelle le placement de l’étranger en rétention administrative ou son assignation à résidence a été décidé ».

Déterminée à rester vivre en France auprès de sa famille, Madame Cicek a refusé d’embarquer.

 

L'acharnement contre Madame Cicek continue

L'audience devant le TA de Rennes s'est déroulée vendredi 3 avril à 15h en l'absence de l'intéressée qui se trouvait dans l'escorte qui la ramenait de Paris pour l'enfermer à nouveau au CRA de Rennes. Le juge administratif a confirmé le placement en rétention.

Ce matin c'est devant le JLD que Madame Cicek était convoquée à 9h30 pour examiner les conditions de l'arrestation. De nombreux soutiens de la communauté kurde étaient présents dès 9h, mais ont dû patienter jusqu'à 14h avant sa présentation devant le juge. Malgré une audience publique, de nombreuses personnes se sont vu refuser l'accès au tribunal.

Au cours de cette audience « chargée d'émotion » selon l'avocate, nous avons appris que l'arrestation de Madame Cicek avait été diligentée par le procureur car elle n'avait pas respecté les conditions de sa précédente assignation à résidence. Le JLD a estimé que le cadre était légal et il a prolongé la rétention de 20 jours.

Madame Cicek fait appel de la décision, mais la préfecture d'Ille et Vilaine peut à tout moment l'expulser vers la Turquie sans attendre l'ultime décision de la cour d'appel...

Continuons à soutenir cette mère de famille kurde pour revendiquer son droit au respect de la vie familiale en France. Une expulsion forcée vers la Turquie anéantirait ses espoirs d’obtenir un visa pour revenir légalement vivre auprès des siens.

 

N'hésitez pas à écrire (poliment) à la préfecture d'Ille et Vilaine pour demander la libération de Madame Cicek :
patrick.strzoda@ille-et-vilaine.gouv.fr
patrice.faure@ille-et-vilaine.gouv.fr



04/04/2015
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