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Plus de 5.000 sans-papiers en grève

 

Plus de 5.000 travailleurs immigrés sans-papiers, essentiellement africains, sont en grève dans 1.253 entreprises françaises majoritairement dans le BTP, le gardiennage et la restauration pour demander leur régularisation, a indiqué vendredi le syndicat CGT.

Le mouvement a été lancé mi-octobre par des clandestins qui demandent une circulaire élargissant le champ des régularisations et dénoncent les différences de traitement de leurs dossiers selon les départements français.

Depuis plusieurs jours, ils multiplient les actions pour réclamer l'obtention du titre de séjour qui permet notamment de bénéficier des droits sociaux.

Une "nuit blanche des travailleuses au noir" devait rassembler ce soir au siège de la CGT à Montreuil (est de paris) quelque 200 femmes travaillant dans le secteur de l'aide à la personne, a indiqué l'association Femmes Egalité qui soutient leur mouvement.

La France qui compte 5 millions d'immigrés, dont 200.000 à 400.000 clandestins, a toujours refusé les régularisations de masse.

Depuis fin 2007, les préfectures sont autorisées à délivrer des autorisations de travail aux étrangers pour une liste très restreinte de 6 à 30 emplois en ce qui concerne les ressortissants non européens, dans le cadre de la politique d'"immigration choisie" voulue par le président Nicolas Sarkozy.


Posté le 08/11/2009 | 3 consultations | 0 commentaires | Voir et commenter l'article

Collectif de soutien aux sans-papiers de Rennes : le procès en appel reporté en janvier



En avril 2008, trois militants du collectif de soutien aux sans-papiers étaient poursuivis pour injure envers l'Etat. Suite à leur relaxe, le parquet a fait appel. Prévu la semaine prochaine, le procès aura finalement lieu en janvier 2010.

L'appel aurait dû avoir lieu mardi prochain, le 10 novembre. Finalement, le procès des trois militants du collectif de soutien aux sans-papiers aura lieu en janvier 2010. Malgré ce report de dernière minute, environ soixante-dix personnes s'étaient réunies ce samedi après-midi, place de la mairie à Rennes. Elles étaient venues redire leur indignation de voir trois militants rennais poursuivis en appel par le parquet de Rennes alors qu'en janvier dernier, le tribunal correctionnel avait prononcé leur relaxe.

Une décision qui intervenait suite à la plainte déposée en avril 2008 par le ministère de l'intérieur pour "diffamation et injures publiques à l'encontre d'un corps constitué de l'Etat" à savoir la police aux frontières. Trois tracts et deux affiches servaient de support à la plainte.

"Ce procès n'est pas que celui de trois rennais", a lancé Xavier du collectif de soutien aux sans-papiers. Il va dans le même sens que la politique générale du gouvernement. Aujourd'hui, on poursuit des gens uniquement parce qu'ils aident des personnes dans le besoin, on reconduit des pères de famille dans leur pays en guerre alors que leur épouse reste en France avec les enfants ! On détruit des cabanes de fortune qui sont le seul abris de gens qui dorment dehors."

Le procès ayant été reporté, le collectif repousse également les actions de mobilisation qu'il avait prévues. Rendez-vous en janvier prochain.

C.S.
Posté le 08/11/2009 | 2 consultations | 0 commentaires | Voir et commenter l'article

Communiqué RESF

BESSON LA HONTE

 

Contacts sur ce dossier :Jean-Paul Nunez Cimade : 06 08 32 84 13 – Armelle Gardien 06 89 49 48 47

COMMUNIQUE de PRESSE 4 novembre 2009


 

 

1er octobre sur Canal +, Eric Besson proclamait : « La France est désormais le pays le plus généreux en termes d’asile. ».  Qu’on en  juge ! La dépêche du Midi libre relate l’expulsion express de  4 familles de Géorgiens, une femme enceinte, 7 enfants scolarisés et des malades, en des termes qui font froid dans le dos. On imagine les scènes, une trentaine de policiers, vingt-et-une personnes interpellées au petit matin, des enfants arrachés au sommeil, habillés hurlants, des pères menottés, des femmes rudoyées, tout le monde chargé à la hâte dans un convoi de voitures, des centaines de kilomètres, destination inconnue pour interdire les  soutiens locaux. Placement en rétention en urgence et expulsion programmée pour éviter tout passage devant la justice. Chantage affectif : on  propose aux parents qui vont être « réadmis » en Pologne, de laisser en France leurs enfants, non expulsables,  placés dans un foyer de l’enfance. Une sale besogne, menée dans les larmes  et cris de terreur des enfants,  imposée aux fonctionnaires dont certains manifestent leur malaise… Jusqu’à quand les syndicats de policiers vont-ils laisser les fonctionnaires écœurés des gestes qu’on leur impose, isolés face à leur hiérarchie.  Vingt-et-une personnes, femmes, enfants, malades, expédiés en Pologne (un symbole ?) dans l’urgence et la violence en prenant la justice de vitesse, ce n’est pas assez pour émouvoir les consciences ?

 

Trois afghans expulsés, le 20 octobre pour l’exemple, « message fort » envoyé aux électeurs de Le Pen bien plus qu’aux passeurs ! Annonce des charters européens, de gardes aux frontières de l’Europe, Sarkozy et Berlusconi réussissent le tour de force de transformer les idéaux européens d’unification des peuples en la caricature dont l’expulsion des Afghans et celles des Géorgiens hier seraient les symboles. La honte !

 


Posté le 04/11/2009 | 11 consultations | 0 commentaires | Voir et commenter l'article

L'extrême-droite comme si vous y étiez

Le blog de Serge Portelli, magistrat et vice-président du Tribunal de Paris

03.11.2009

Que le combat pour la démocratie passe d’abord par les mots; qu’il faille, inlassablement, mener cette lutte, dérisoire, dirait-on, pour conserver son sens au langage que nous partageons et leur réalité à ces valeurs que nous défendons: les jours sombres que nous traversons et qui nous attendent nous rappellent à ce devoir essentiel. Avant de brûler les livres on commence toujours par brûler les mots.

Le sarkozysme n’est pas la droite classique. L’idéologie qui l’anime n’est pas celle que nous connaissions. Le discours qu’il développe n’est en rien celui que nous entendions, avec tant de variantes pourtant, de De Gaulle à Chirac, en passant par Pompidou ou Giscard d’Estaing. Le vocabulaire qu’il utilise - avec soin - n’est pas celui de la droite républicaine. Son dictionnaire ordinaire emprunte de plus en plus au langage de l’extrême droite et ce langage - qui s’impose insidieusement grâce à l’empire et l’emprise médiatique du système - nous habitue progressivement au pire.

Même si les livres d’histoire et de sciences politiques ne le présente pas ainsi, l’un des actes fondateurs de notre démocratie est, en 1981, la suppression de la peine de mort. Nous avons abandonné pour de bon l’un des derniers oripeaux de la barbarie. Dans sa course éperdue à l’électorat et aux idées lepénistes, Nicolas Sarkozy n’arrête pas de tutoyer cette peine de mort et de jouer avec cette abolition fondatrice. Dans la stratégie ordinaire du discours paradoxal, tout est dit pour nous rapprocher de l’idée que cette peine est envisageable, quitte au dernier moment à se draper vertueusement dans un discours abolitionniste auquel plus personne ne croit. L’utilisation permanente du mot “monstre” pour désigner les auteurs des crimes les plus graves fait partie de cette dérive perverse du vocabulaire. On exclut ainsi ces hommes de l’humanité ordinaire: inutile de chercher à les ramener un jour parmi nous - ce qui, au-delà de la nécessaire sanction, est la mission première de la justice -, nous sommes dans la logique de l’élimination. Dire d’un homme qu’il est un “monstre”, c’est tuer l’homme en lui.

Le traitement de la délinquance sexuelle offre à présent l’occasion d’une nouvelle et très grave dérive. Là aussi, tout commence par les mots. Il existe, parmi toutes les possibilités de traitement de cette criminalité, une option médicale à base de traitement hormonal. Un médecin, peut, dans certains cas bien précis et avec un luxe de précaution - notamment dans le respect absolu du secret médical - le prescrire avec l’accord du patient. Que le patient soit un condamné ne change rien à ces principes. Nicolas Sarkozy se bat depuis des années - bien avant d’être nommé président de la République - pour que ce traitement soit imposé de force à ceux que l’on nomme les délinquants sexuels. Il a été puissamment aidé par ces termes, employés à dessein, de “castration chimique”. Ces mots sont faux. Le traitement est évidemment réversible. Mais le mot “castration” permet de faire le lien immédiat avec la castration dans son sens propre, à savoir l’ablation physique. À la répéter inlassablement, l’idée germe insensiblement qu’une atteinte physique est possible. Et tous ceux qui, en public, essaient de rectifier cette dénomination impropre et dangereuses passent pour des puristes inconséquents. Il n’a pas fallu longtemps pour que Michel Alliot-Marie, le nouveau garde des sceaux, franchisse le pas et évoque franchement la castration physique. “Pour l’instant, reconnaît-elle, la castration physique est interdite en France, mais elle existe ailleurs. Je pense que cela mérite une analyse et qu’aujourd’hui la question de la castration physique peut se poser et être débattue, y compris au Parlement”. Combien de dizaines de milliers de bulletins de vote seront-ils gagnés par ces propos qui donnent la nausée? Dans ce concours d’inhumanité, quelle sera la prochaine idée qui permettrait de satisfaire nos pulsions primaires de vengeance et de mort? Non, rassurez-vous, la peine de mort n’est pas encore là. Pas tout à fait. Nous aurons droit à des dénégations indignées - mais brèves - pour tenter de gagner sur tous les tableaux. Mais l’essentiel est là: l’idée que l’on peut toucher au corps du condamné. Que l’on peut le punir dans sa chair. Qu’il doit expier physiquement. Un germe malsain de plus est déposé dans notre démocratie. Il produira ses effets plus tard, si nous ne réagissons pas vigoureusement en refusant avec la dernière vigueur toute idée de “castration”, en dénonçant le subterfuge des mots et cette noire démagogie.

Eric Besson, lui, avec le zèle touchant des ultimes convertis, tentant de faire oublier ses anciennes et virulentes dénonciations du sarkozysme, avoue sans pudeur qu’en exécution des consignes du président de la République, il cherche à récupérer les voix de l’extrême-droite. Il veut, dit-il, “la mort” du Front National. La paradoxe est que cet homme qui se disait de gauche et se dit à présent de droite, patauge dorénavant non seulement dans les idées mais les pratiques de l’extrême droite. Enfermer des enfants dans des centres de rétention, expulser des jeunes scolarisés, détruire des familles, faire vivre dans l’angoisse des dizaines de milliers d’hommes, de femmes, d’enfants, simplement “coupables” de n’avoir pas de papiers, mobiliser en permanence et pervertir l’appareil d’Etat dans des tâches purement électoralistes, renvoyer des étrangers par charters dans des pays en guerre.... voici la réalité de cette politique nauséabonde. Utiliser la souffrance d’êtres humains pour asseoir son pouvoir aujourd’hui et le conserver demain. Dévoyer les valeurs de la République pour fortifier un clan. Mais il faut, là encore, tordre le cou aux mots pour légitimer ce combat déloyal. L’appellation de ce ministère d’ identité nationale est une honte permanente, une opération de grossière propagande qu’il nous faut dénoncer chaque jour. Sans que jamais ne s’installe le renoncement. La dernière trouvaille est d’engager un vaste débat sur ce qu’est l’identité nationale. Les préfets, qui ont pourtant d’autres chats à fouetter, vont être requis pour cette opération de campagne électorale. Il n’est d’autre réponse que de refuser catégoriquement cette dérisoire opération de marketing politique, refuser le piège de ces mots détournés.

Le plus triste est qu’Eric Besson lui-même avait, il y a si peu de temps, en janvier 2007, parfaitement analysé cette imposture qu’il met aujourd’hui en oeuvre. Son livre, “Les inquiétantes ruptures de M. Sarkozy”, était, et reste, une des meilleures descriptions de ce qu’est le sarkozysme. Disséquant le nouveau nationalisme prôné par son adversaire de l’époque, il écrivait: “En fait, sous la fausse bonne idée (reprendre les voix du Front National), les propos de Nicolas Sarkozy renvoient à une période que l’on croyait révolue, celle où la droite républicaine n’était pas au clair avec l’extrême droite”.

Eric Besson veut un débat où l’on ne se paye pas de mots? Qu’il commence par s’y inviter lui-même, qu’il nous explique et nous commente ces pages lumineuses où il dénonçait un populisme inquiétant qui flatte le peuple et attise ses peurs en dérivant chaque jour un peu plus vers la droite extrême. Ou si cette image lui fait trop honte, qu’il parle réellement de ce qu’est et sera l’immigration. Qu’il parte par exemple du rapport 2009 du Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) qui vient d’être publié: "Lever les barrières : mobilité et développement humains". Qu’il explique à l’opinion publique que l’immigration profite non seulement au migrant, mais aussi aux pays de départ et d'accueil. Ou qu’il évoque les migrations climatiques qui vont radicalement changer la donne de tous ces problèmes. Ou qu’il parle honnêtement de sa politique en matière d’asile en expliquant que les chiffres qu’il avance pour vanter la générosité de la France ne sont pas de son fait: ils résultent de la jurisprudence des juges de cour nationale du droit d’asile. Chaque année, infirmant les décisions de l’OFPRA, ces juges courageux et consciencieux accordent, à eux seuls, plus d’asiles que l’administration!

Cessons de mêler le mot “France”, les couleurs du drapeau ou le chant d’un hymne de liberté, à ce qui fait chaque jour notre honte et notre souffrance. Si débat il doit y avoir, qu’il soit sur les valeurs de notre démocratie, sur le glissement progressif vers un Etat-limite dans lequel l’appareil d’Etat est mis au service d’une idéologie mortelle pour nos libertés.


Posté le 04/11/2009 | 8 consultations | 0 commentaires | Voir et commenter l'article

Témoignages CRA de Vincennes

Extraits de témoignages recueillis au téléphone

Centre de rétention de Vincennes, lundi 2 novembre 2009


"Nous sommes trois grévistes au centre de retention de Vincennes en ce
moment.

Moi j'avais fait une demande de régularisation en novembre 2008. Je
travaille dans le désamiantage, dans le bâtiment, depuis 3 ans chez le
même patron en CDI, avant je savais même pas que c'était dangereux
l'amiante. j'ai eu une convocation après ma demande, j'ai tout rapporté.
Mon passeport était encore valable un mois, ils ont gardé le passseport
et il m'ont pas répondu puis j'ai reçu une convocation en décembre 2008
du service de l'éloignement, alors j'ai compris et je suis pas allé.

Le patron, il me volait. Parce que c'est un cdi, il peut pas me
licencier alors il me mettait en congé sans solde, pendant 3 mois ! je
lui ai dit "soit tu me licencies soit je travaille", j'ai repris le
travail mais il me payait la moitié de mon salaire, il te vole
complètement, donc je me suis chauffé un peu et dans le même temps j'ai
entendu les grévistes qui se sont organisés avec les syndicats, la cgt.
Alors je suis allé le 12 octobre dans le 8eme, où il y a les grévistes
du bâtiment, et on a fait la carte de gréviste. Moi je suis tout seul en
grève dans ma boîte. Y'avait beaucoup de monde là bas alors je restais
pas tout le temps. Le 19 octobre, alors que je retournais là bas, je me
suis fait arrêté à belleville dans le metro. Il y a eu la garde à vue,
j'ai expliqué ma situation, ils m'ont dit ça sert à rien ça, j'ai montré
la carte de gréviste ils ont dit ça sert à rien, tu n'as pas de papiers
tu dois être reconduit à la frontière. J'ai vu le juge à Cité il m'a
reconduit 15 jours puis j'ai vu le juge au TA, il a rejeté. J'ai prévenu
dès le premier jour les gens du mouvement, le gars de la cgt et le
délégué, que j'étais en rétention. L'autre gréviste de madeleine,de la
partie restauration, il a eu du monde au tribunal administratif pour
lui. Il y a une deputé qui a fait une lettre pour moi à la préfecture
mais pour le moment j'ai aucune nouvelle. Je crois pas qu'ils ont déjà
le laisser passer mais je m'attend à ce qu'ils prévoient un vol.

Il y a un gars avec nous, son vol c'est demain. Lui, il avait fait un
dossier de régularisation car cela fait 10 ans qu'il travaille en France
et il a reçu une oqtf. Après il a recommencé une autre demande, et il a
été convoqué, alors il est allé et il s'est fait arrêté. Il en a marre,
il a plus le moral.

Ici on est enfermé, on a pas le choix. Y'a pas grand chose à faire. On a
peur d'attraper des maladies parcequ'ils ramènent des nouveaux gars
chaque jour et qui sont malades. La police eux ils ont des masques mais
pas nous.

J'ai aucune nouvelle de la cgt, est-ce que je peux me dire qu'ils vont
s'occuper de mon dossier si je suis expulsé ? Ça j'en sais rien."



Posté le 03/11/2009 | 11 consultations | 0 commentaires | Voir et commenter l'article

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