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Wali Mohammadi, l’ombre afghane de Calais devenue citoyen français


 

| RENCONTRE |

À 22 ans, Wali Mohammadi est boulanger à Lille, passera le bac en janvier et rêve d'intégrer Sciences Po. Il y a six ans, il était une des ombres afghanes de Calais.

 

PAR OLIVIER BERGER

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- Six ans après, quel regard portez-vous sur votre périple ?

« D'abord, ce livre rend hommage à la France, aux Nordistes, aux gens de Calais qui m'ont aidé. J'ai voulu raconter ce périple pour expliquer que derrière les fantômes qu'on voit marcher dans la rue, il y a toujours une histoire. S'ils sont là, ce n'est pas seulement parce qu'ils sont attirés par les lumières européennes. C'est parce qu'ils n'ont pas d'autres solutions. S'ils restent, ils finiront comme le reste de la famille, tués. Je suis né dans la guerre, j'ai grandi dans la guerre. J'ai perdu mon père, ma mère, une soeur et deux frères. J'ai juste voulu sauver ma peau. »

- Les passeurs, rencontrés sur votre parcours, aident-ils ou exploitent-ils ?

« Cette question est difficile. Bien sûr qu'ils sont là pour exploiter, pour faire leur business. Ce sont des gens cruels et sans pitié.

Mais ils m'ont aussi aidé à passer et ça m'arrangeait. Chez vous aussi, pendant la Deuxième Guerre mondiale, des gens se sont fait payer pour sauver des Juifs... »

- Que retenez-vous des bénévoles de Calais ?

« Ce sont des gens formidables, magnifiques. Malgré le mal qui parcourt le monde, il existe encore des gens avec du coeur. On ferme les frontières mais on ne peut pas fermer celles du coeur. Je serai reconnaissant jusqu'à la fin de ma vie. »

- Votre but était l'Angleterre. Pourquoi être resté en France ?

« Si je n'avais pas rencontré la famille Loeuilleux à Coulogne, je serais passé en Angleterre et ma soeur m'aurait accueilli. Mais quand je suis arrivé à Calais, début janvier 2003, j'étais crevé. Il neigeait. Les policiers arrêtaient tout le monde. Ça faisait trois mois et demi que je n'avais pas mangé un vrai plat chaud. Je me suis laissé emporter par le confort. C'était pour gagner du temps mais je me suis attaché à ces gens devenus ma deuxième famille. J'ai vécu là une renaissance. »

- Que pensez-vous du nettoyage de la jungle (djanghal dans les langues persanes signifie forêt) et des expulsions récentes pour Kaboul ?

« M. Besson a voulu faire un coup médiatique. Il a fermé la jungle mais depuis, c'est encore pire. On n'a fait que déplacer le problème.

OK, les conditions de vie étaient mauvaises mais là, ils ont simplement décentralisé. Ça n'empêchera jamais les gens de revenir. Pour moi, les expulsions sont un crime. Comment peut-on renvoyer trois hommes dans un pays en pleine guerre ? Les Occidentaux envoient de plus en plus de forces armées et on dit que le pays est calme ! Tous les jours, cent personnes sont tuées et il n'y aurait pas de risques ? »

- Vous êtes désormais français, avez-vous envie de participer au débat sur l'identité nationale ?

« M. Éric Besson a lui-même un problème avec son identité. Il est passé de gauche à droite. Pour moi, la France est très bien comme ça.

Soyez fiers de votre nation, de votre civilisation. La France, c'est depuis toujours un mélange de tout le monde. Des Berbères, des Vikings, des Portugais... C'est ça la richesse de la France. »

- Un débat sur le voile intégral se pose aussi. Quel est votre avis ?

« La France est un pays démocratique, libre, pas un pays musulman comme l'Afghanistan où nous avons la tradition ancestrale de laburqa. Si j'étais resté en Afghanistan, ma femme l'aurait probablement portée. Ici, non. Pour moi, c'est plutôt le pays qui impose la pratique religieuse. »

- Aidez-vous vos compatriotes qui galèrent dans la région ?

« Je ne peux pas ! En septembre, à la gare de Lille, j'ai passé une journée en garde à vue parce que j'avais offert un petit déjeuner.

J'aimerais aider mais je ne veux pas aller en prison. Alors, j'aide autrement. Tous les foyers de Lille ont mon numéro et quand un jeune a besoin, je sers d'interprète, je renseigne sur les démarches administratives. Voilà... »

- Que pensez-vous de la situation en Afghanistan ?

« Il y aura peut-être une démocratie dans cent ans. Mais une élection avec une petite opposition, c'est un début. Pour l'instant, les choses tournent comme du temps de l'Union soviétique. Les Afghans ne sont pas cons. Ils savent bien que Karzaï (le président réélu) est une marionnette.

Seulement, si les armées étrangères partent, ce sera un bain de sang. L'homme va manger l'homme. Les talibans sont plus forts et extrémistes qu'avant. On n'a pas l'espoir de voir la paix dans dix ans. Pas étonnant que la jeunesse soit forcée à partir. »

- Comptez-vous jouer un rôle pour l'Afghanistan ?

« J'aimerais aider mon pays. Les bénéfices du livre permettront d'aider les orphelins d'Afghanistan. Avec mes amis afghans de Calais et de la région, nous allons monter une association pour ça. Je sais ce que c'est que d'avoir le ventre vide. » •

ZOOM

On met une épreuve surhumaine et une détermination sans failles sur les tristes silhouettes qui déambulent dans Calais et le long de l'autoroute du littoral. Grâce à la plume de Geoffroy Deffrennes, ancien journaliste à La Voix du Nord, Wali Mohammadi narre sa poignante douleur familiale, la mort qui rôde inlassablement et l'impérieuse nécessité de quitter Kaboul. Pour tous ces jeunes Afghans, l'incroyable périple qui suit est aussi classique qu'héroïque. Comme l'accueil des bénévoles calaisiens, capables de changer la vie d'un nouveau citoyen français, Wali Mohammadi.

« De Kaboul à Calais » De Wali Mohammadi. Éditions Robert Laffont. 19 E

 

La citoyenneté française le 6 novembre 2008, le BAC ES en janvier, l'envie d'études supérieures (après un BEP pâtisserie en 2006). L'avenir lui sourit. PHOTO PATRICK JAMES
La citoyenneté française le 6 novembre 2008, le BAC ES en janvier, l'envie d'études supérieures (après un BEP pâtisserie en 2006). L'avenir lui sourit. PHOTO PATRICK JAMES
 

Posté le 08/11/2009 | 5 consultations | 0 commentaires | Voir et commenter l'article

Lumière pour les oubliés - Yann Venner


Yann VENNER, auteur de Black Trélouzic, Allez simple pour Trélouzic et La disparue de Guingamp vient de sortir un nouveau livre : Lumière pour les oubliés.

Lumière pour les oubliés, parle du sort des sans-papiers, qu’ils survivent à Trélouzic, Lannion ou ailleurs. Fanch Bugalez et sa compagne Gwendoline, Eugène Cabioch leur vieil ami, sont témoins d’un drame qui empoisonne toute la région. On retrouve assassinés un écrivain haïtien, une directrice d’école, avant que la situation ne dégénère encore plus.
Que se passe-t-il dans cette Bretagne où sont venus se réfugier des êtres humains de diverses nationalités ? Leur sort tragique défraie la chronique, partisans et opposants de la politique d’immigration font entendre leurs voix.
Le commissaire Cesare Le Tellier aura fort à faire pour démêler les fils de cette inextricable pelote.
Une fiction adossée à l’actualité, un polar dénonçant une Europe devenue « forteresse », éloignée des idées humanistes les plus essentielles.

« Ce roman ne tente pas de poser ces questions et d'y répondre. Il est une tentative d'écriture de l'histoire du temps présent, écriture ayant pour trame une narration fictive et pour fil rouge le dialogue inter-culturel.

Loin des artifices de la littérature engagée, loin d'un « choc des cultures » - expression imbécile assénée à tort et à travers - l'auteur souhaite que le principal héros de ce livre soit le langage, rien que le langage - la langue propre d’un écrivain. » Yann Venner

L'auteur remercie le Collectif de Soutien aux Personnes Sans-Papiers de Lannion, et tout particulièrement Eric Audrain et Philippe Vital (sans oublier tous les adhérents et sympathisants), sans lesquels ce roman n'aurait jamais vu le jour.
Quand la fiction s'adosse à l'Histoire contemporaine, une certaine vérité éclaire alors notre monde.

Lumière pour les oubliés est publié aux éditions LE CORMORAN, et distribué par COOP-BREIZH.

« LUMIERE POUR LES OUBLIES »
15 euros
320 pages


Posté le 16/04/2009 | 92 consultations | 6 commentaires | Voir et commenter l'article

« Calais est notre frontière mexicaine »

Rencontre avec le réalisateur de "Welcome", récemment critiqué par le ministre de l'Immigration pour son film engagé.

L'actuer Vincent Lindon et le réalisateur Philippe Lioret sur le tournage de 'Welcome' (DR).

Samedi, le ministre de l'Immigration Eric Besson a violemment attaqué le cinéaste Philippe Lioret, reprochant au réalisateur de "Welcome" (en salles mercredi) d’assimiler dans ses interviews la situation des clandestins à Calais à celle des juifs sous l’occupation. Et si c’était le film que Besson redoutait? Et si les politiques s’inquiétaient de la puissance polémique du cinéma? Rencontre avec un cinéaste engagé.

L'affiche de 'Welcome' de Philippe Lioret (DR).Bonne nouvelle: le cinéma français se bouge. Après Costa Gavras ("Eden à l’ouest") et en attendant le nouveau Emmanuel Finkiel ("Nulle part terre promise", sortie le 1er avril), un nouveau film sort sur les écrans mercredi et évoque avec une précision glaçante le sort des clandestins à Calais. Un brûlot underground et militant? Pas vraiment…

Interprété par Vincent Lindon (dans l’un de ses meilleurs rôles), réalisé par Philippe Lioret, metteur en scène populaire ("Mademoiselle", "Je vais bien ne t’en fais pas"), "Welcome" raconte avec un scrupuleux réalisme quelques aspects du beau pays de France et espère toucher le plus grand nombre.

Olivier de Bruyn: Comment est né "Welcome"?

Philippe Lioret: De ma complicité avec l’écrivain Olivier Adam avec lequel j’ai beaucoup travaillé par le passé. Olivier avait animé des ateliers d’écriture à Calais et il avait un projet de film avec Jean-Pierre Améris sur la situation des clandestins, d’après son livre "A l’abri de rien". Ce projet n’arrivait pas à se monter financièrement et j’ai envisagé d’en racheter les droits. Mais finalement, ils ont réussi à le tourner, pour la télévision. N’empêche, le désir de filmer là-bas est resté et j’ai décidé de me lancer…

Comment avez-vous conçu le scénario?

Avec Emmanuel Courcol, mon co-scénariste, on a commencé par se rendre sur place. On a rencontré les bénévoles des associations qui, avec un courage extraordinaire et les moyens du bord, tentent d’aider les clandestins. Ce qu’on a découvert était effrayant. Calais, c’est notre frontière mexicaine à nous. Ça nous a confirmé dans l’idée qu’il était impératif de tourner là-bas. Les dramaturgies, hélas, n’y manquent pas.

On se pose des questions morales, quand on tourne une fiction sur un tel sujet?

Encore heureux! Je n’étais pas à l’aise au début. Un film reste une entreprise commerciale. Il s’agit quand même de faire du pognon et évidemment, avec un tel sujet, ça pose des problèmes. Je me suis ouvert de mes doutes aux gens des associations. Ils m’ont tous dit la même chose: "N’aie pas de scrupules. Parle de ce qui se passe ici. Montre aux gens que la réalité n’a rien à voir avec les petits sujets expédiés au journal de 20 heures." Ça m’a détendu.

Comment est venue l’idée de ce jeune clandestin qui décide de traverser la Manche à la nage?

Des témoignages recueillis sur place. En désespoir de cause, des clandestins utilisent parfois ce moyen pour passer. Avec le courant, certains se retrouvent en Belgique. D’autres ne sont jamais retrouvés.

Comment avez-vous lié réalité et fiction?

On a bossé comme des dingues sur le scénario, pendant plus d’un an. Quand on écrit un tel script, on est particulièrement motivé. Il ne s’agit pas de militantisme, mais d’engagement. Sur tout ce qui concerne les migrants, il fallait rester scrupuleusement fidèle à la réalité. Et faire la chasse au pathos, au pleurnichage, à la complaisance… Ensuite est venue l’idée de ce personnage: un prof de natation en pleine panade personnelle. Ça nous permettait d’évoquer cet aspect de la loi particulièrement révoltant et qui menace quiconque aide les clandestins de cinq ans de prison et de 30 000 euros d’amende.

Comment Vincent Lindon est-il arrivé sur le projet?

Ça faisait longtemps qu’on se tournait autour. Je l’ai vu, je lui ai raconté le projet. Il m’a dit oui tout de suite et a ajouté qu’il n’avait même pas besoin de lire le scénario. Je ne vais pas sortir le pistolet à miel, mais son investissement a été total.

"Welcome" a-t-il été facile à produire? Comment avez-vous convaincu les décideurs?

C’est un film cher. Avec onze semaines de tournage, des scènes compliquées… Mais je bénéficie de mes succès antérieurs. "Mademoiselle" et "Je vais bien ne t’en fais pas" ont très bien marché. Les gens des chaînes de télévision se disent "il a le truc, laissons faire…". J’en profite. Et tant que les spectateurs suivent… Evidemment, ce serait plus simple de tourner des comédies inoffensives. Mais j’en ai marre des films inoffensifs. 

Fiarat Ayerdi, dans 'Welcome' de Philippe Lioret (DR).

Comment avez-vous recruté vos acteurs?

Partout en Europe. Il y a des non professionnels, mais évidemment pas de clandestins. Il ne s’agissait pas de les mettre en danger. Le jeune acteur principal, Firat Ayverdi, est un lycéen. Je me suis aperçu qu’il était très bon nageur et pratiquait même le water-polo. Pour les besoins du film, il a dû désapprendre à nager pour mieux mimer l’initiation.

Quelles sont les premières réactions aux projections que vous avez organisées sur place?

En un sens la plus belle récompense, je l’ai déjà reçue. Le film a été montré dans la région de Calais. Les salles étaient pleines et les gens des associations étaient là. Je n’en menais pas large. Mais ils ont dit que "Welcome" dépeignait fidèlement l’effrayante réalité et qu’il était bon qu’un film grand public s’attaque à ce sujet. Un film sur Louis XVI, personne ne vient vous faire chier sur la crédibilité. Là, évidemment, c’est autre chose. Ça se passe ici et maintenant. Et savoir que vous risquez gros en aidant un clandestin rappelle des périodes sinistres de notre histoire.

Vous pensez que le film peut faire bouger les choses?

Le film n’est pas un objet militant. Je ne prétends pas bouleverser les rapports nord-sud avec mes petits bras et ma petite caméra. "Welcome" met simplement en accusation un système. Je supporte très mal l’idée que l’on puisse me faire chier si j’emmène un mec qui n’a pas de papiers bouffer une pizza ou dormir chez moi.

Evidemment, j’entends déjà les reproches. Je vous parle de tout ça dans le salon cossu d’un grand hôtel parisien. Bon, oui, d’accord, soit. Et alors, je ne fais rien? Je ne pense pas comme ça. Je suis cinéaste. Je pense que le film peut servir à quelque chose. Par exemple à ce que des spectateurs prennent conscience de ce qui se passe à Calais et ailleurs. C’est un premier pas, mais il est fondamental.

Welcome - de Philippe Lioret - avec Vincent Lindon, Firat Ayverdi… - Sortie le 11 mars.

Photos: Fiarat Ayerdi, dans 'Welcome' de Philippe Lioret (DR). L'acteur Vincent Lindon et le réalisateur Philippe Lioret sur le tournage de 'Welcome' (DR).


Posté le 10/03/2009 | 76 consultations | 0 commentaires | Voir et commenter l'article

Cette France-là

Cette France-là

06/05/2007-30/06/2008, volume 1

Cette France-Là, Volume 1

cette France-là
06/05/2007-30/06/2008
volume 1

En librairies le 6 mars 2009

448 pages - 15 €

ISBN 9782707157133

Éditeur association Cette France-là

Diffusion La Découverte

Tirage 4000 exemplaires
dont 1500 expédiés à l’ensemble des députés et sénateurs, aux ministres du gouvernement, aux préfets, aux responsables des formations politiques ainsi qu’à nombre d’institutions, administrations et juridictions en charge des questions d’immigration.

Contact
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Cette France-là, c’est la France qui prend forme depuis le 6 mai 2007. Dès la campagne présidentielle, Nicolas Sarkozy s’est engagé à faire de la politique d’immigration et d’identité nationale une clé de voûte de son mandat. Il importe de prendre cet engagement au sérieux, et de se donner les moyens d’en appréhender la réalité en effet : la mission confiée au ministère de l’Immigration rompt-elle véritablement avec l’action des gouvernements antérieurs ? Et si la rupture annoncée est avérée, de quelle nature est-elle ?

Ouvrage collectif de contre-expertise, Cette France-là mobilise les savoirs et savoir-faire des sciences sociales, du journalisme et du travail associatif pour dresser un état des lieux annuel de la politique d’immigration choisie par le chef de l’État. Quatre autres volumes viendront jalonner le quinquennat de Nicolas Sarkozy.

Pour examiner la politique française d’immigration, seront tour à tour abordés le point de vue des étrangers dont elle régit l’accueil et l’éloignement, la logique de ses maîtres d’oeuvre et de ses exécutants, enfin la nature des arguments déployés pour justifier le bien-fondé de l’opposition qu’elle institue entre « immigration choisie » et « immigration subie ».

La première partie de l’ouvrage, « Récits 1 », rapporte 80 histoires de personnes ayant fait l’objet d’une mesure d’éloignement – leur parcours jusqu’à l’expulsion, ou parfois la régularisation, à moins que l’incertitude de leur sort ne se prolonge encore.

Plutôt qu’aux populations qui en sont l’objet, les deuxième et troisième parties de Cette France-là sont consacrées aux concepteurs et aux acteurs de cette politique :

  • « Descriptions » s’efforce d’inventorier l’important dispositif affecté à l’accomplissement de la rupture annoncée, depuis le projet présidentiel consigné dans la lettre de mission de Nicolas Sarkozy à Brice Hortefeux jusqu’aux collaborations apportées par certains segments de la société civile, en passant par les contributions des préfectures, de la police, de la justice, des ministères du Travail et de l’Éducation nationale, ou encore des élus locaux.
  • « Récits 2 » s’attache au travail accompli par 21 préfets : c’est que le renforcement de l’autorité préfectorale constitue un trait distinctif du changement voulu par le Président, et l’on peut ici en mesurer les effets dans la pratique.

Enfin, les « Interrogations » de la quatrième partie soumettent à la question la nouvelle politique française d’immigration. Il s’agit d’évaluer sa cohérence, par rapport aux logiques dont elle se réclame et aux ambitions dont elle est investie.

Reconstituer minutieusement la logique des discours et des pratiques de la « politique du chiffre » menée en France aujourd’hui, et rapporter la « culture du résultat » aux résultats de cette culture, c’est découvrir que sa rationalité ne correspond guère aux justifications qu’elle allègue, qu’il s’agisse du pragmatisme économique, de la prévoyance démographique, du souci de l’intégration et du développement solidaire ou encore au respect de l’État de droit. Pourtant, cette politique est choisie, et non subie. Reste alors à s’interroger sur les raisons d’une tel choix : car loin de constituer un à-côté, une simple concession démagogique à l’écart des véritables enjeux politiques, l’action menée et symbolisée par le ministère de l’Immigration s’impose à la fois comme un élément essentiel du dispositif gouvernemental actuel et comme un point de vue privilégié sur son fonctionnement.

La vocation de Cette France-là est double : pour l’avenir, contribuer à constituer le dossier des historiens qui ne manqueront pas d’étudier l’impact de la présidence de Nicolas Sarkozy sur l’état de la démocratie en France ; pour le présent, inviter élus et électeurs à se demander si la politique menée par les premiers au nom des seconds mérite d’être soutenue, au risque d’en assumer la responsabilité historique.

Ont réalisé cet ouvrage

Anne-Isabelle Barthélémy, Catherine Benoît, Vincent Berthe, Carolina Boe, Jérôme Boillat, Emmanuelle Cosse, Pascale Coutant, Grégory Curot, Eric Fassin, Michel Feher, Caroline Izambert, Gaëlle Krikorian, Pauline Langlois, Christophe Le Drean, Philippe Mangeot, Maja Neskovic, Michaël Neuman, Mathieu Potte‑Bonneville, Isabelle Saint-Saëns, Antonin Sopena, Judith Soussan, Corinne Volard & Aurélie Windels.

 


Posté le 25/02/2009 | 123 consultations | 0 commentaires | Voir et commenter l'article

Paroles sans retenue n°3 vient de paraître

Bulletin rennais d’alerte et de résistance, Paroles sans retenue est
publié par des individus de Rennes et sa région. Ni journalistes, ni
affiliés à une organisation quelconque, ils entendent y attaquer
radicalement l’ordre établi par l’Etat français. Et plus particulièrement
son aspect le plus infâme: la persécution et la déportation des étrangers
pauvres, utilisés comme boucs émissaires, dits «sans papiers».

Paroles sans retenue N°3: 44 pages sans faux-semblants, qui ne ménagent
aucun refoulement, qui ne s’accommodent de rien de l’inacceptable de ce
monde. Ce numéro est dédié à toutes les cibles de la répression étatique
actuelle : étrangers «sans papiers», militants, chômeurs, précaires,
prisonniers, déviants, «fous», penseurs, humains. Solidarité. Résistance.

Au sommaire:

LOI DES MAÎTRES
- Schizo-justice: les juges pris dans la machine à déporter;
- Protest tong (Jugement Libre Défectueux);

EXPLOITATION SANS FRONTIÈRES
- Relations France-Maroc: au service de la gestion des ressources humaines;
- Soulèvement en Grèce: ces jours sont les nôtres, aussi;

TERREUR D’ETAT
- Dans la «jungle» nordique, proies et prédateurs;

SHOW-BUSINESS
- «Droit des victimes »: tolérance zéro pour le bourreau des étrangers;
- «Parrains républicains»: la revue nègre;

GUERRE DES MONDES
- Banalité de base: «sans papiers».

Diffusion:

Vous trouverez PsR à Rennes notamment dans les lieux suivants: Planète IO
(7 rue St Louis), La Vie Enchantiée (18 quai Emile Zola), Chez Ramon et
Pedro (43 rue Duhamel), La Bascule (2 rue Bascule), La Cour des Miracles
(18 rue Penhoët), Le Panama (28 rue Bigot de Preameneu), L’Archipel (1,
rue Anatole France). PsR N°3 sera également distribué par les uns et les
autres lors d’occasions diverses.

Vous en trouverez la version électronique, ainsi que celle des numéros 1
et 2, sur le site Internet http://parolessansretenue.free.fr .

La reproduction et la diffusion de PsR par quiconque est libre.

Prix:

PsR est publié à la seule charge financière des individus qui en
produisent le contenu. Le coût d’impression par exemplaire est d’environ
1,80 euros. Donnez cela si vous le pouvez (et plus en soutien); sinon,
donnez ce que vous pouvez. Grâce au principe du prix libre nous entendons
rendre PsR accessible à tous.


Posté le 19/02/2009 | 183 consultations | 0 commentaires | Voir et commenter l'article

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