Communiqué de presse

Anafé Syndicat de la magistrature*

*COMMUNIQUE DE PRESSE*

Aéroport de Roissy : quand l’administration cache au juge les conditions
d’enfermement des étrangers

24 avril 2008

Mardi 22 avril, le Juge des Libertés et de la Détention (JLD) du
Tribunal de Bobigny, chargé de statuer sur la régularité des procédures
de maintien en zone d’attente des
étrangers en quête d’admission sur le territoire, s’est trouvé confronté
à une situation pour le moins singulière : un mensonge caractérisé de
l’administration. A l’audience,
contre les affirmations de plusieurs étrangers d’origine dominicaine
expliquant qu’ils étaient restés les jours précédents dans des locaux de
l’aérogare, le représentant de la
police aux frontières (PAF) a prétendu qu’ils avaient, au contraire,
régulièrement séjourné au centre d’hébergement, donnant même les
références des lits.

Face à cette contradiction, le Juge des Libertés et de la Détention
s’est déplacé (avec son greffier, les étrangers retenus, leurs conseils
et les escortes) audit centre
d’hébergement pour valider l’une ou l’autre des versions. Sur place,
bien que les noms des personnes retenues figuraient sur les listings,
les responsables de la Croix-
Rouge en charge de l’accueil matériel des personnes et de la répartition
des lits ont expliqué au juge que le centre d’hébergement étant complet
depuis plusieurs
semaines, les étrangers concernés avaient été maintenus en réalité dans
l’enceinte de l’aérogare sans pouvoir atteindre le centre. En
poursuivant son transport, le juge
découvrait la sinistre réalité des zones de retenue des aérogares 2A et
2C : particulière exiguïté des locaux, absence de ventilation et de
fenêtre sur l’extérieur,
absence de douches, de literie, entassement des individus sans
séparation des hommes et des femmes, absence totale d’intimité, affaires
personnelles déposées à l’extérieur
du local faute de place... Il était ainsi établi que certaines des
personnes retenues étaient restées enfermées dans ces conditions pendant
quatre jours.

Le Syndicat de la magistrature et l’Association nationale d’assistance
aux frontières pour les étrangers (Anafé) sont scandalisés que
l’administration ait permis de laisser
séjourner des personnes plusieurs jours dans une telle indignité et
qu’elle ait dissimulé la réalité des conditions de retenue à l’autorité
judiciaire.

Caroline Maillary

Anafé



Article ajouté le 2008-04-25 , consulté 48 fois

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