Sans PatrieQue sont devenus les "retenus de Vincennes" ? Transférés dans des centres de province, après l’incendie de dimanche, plusieurs dizaines de sans-papiers ont été libérés, faute de places.
Sur les 249 personnes anciennement détenues au CRA de Vincennes, seulement une d’entre elles restait introuvable à 15 heures hier. Cent ont été transférées au CRA Nîmes-Courbessac dans la nuit de dimanche, 56 à celui de Lille-Lesquin, 40 au CRA de Paris-Dépôt, 21 au CRA Rouen-Oissel et 16 au CRA de Palaiseau, selon la CIMADE, seule association habilitée à pénétrer à l’intérieur des CRA. Mais leur situation est en passe d’évoluer, au vu du nombre de recours déposés par les avocats de la défense des sans-papiers et de l’appel à « la libération immédiate des personnes qui étaient à Vincennes samedi et dimanche derniers » relancé par la CIMADE hier matin, lors d’une conférence de presse. À Nimes, « où le CRA affiche complet, huit personnes ont été libérées lundi, entre 11 h 30 et 18 heures », témoigne Michel Touzet, mem- bre de RESF. « Mardi matin, six autres sont ressorties libres, alors que quatre cas doivent encore être examinés d’ici à 18 heures », rapporte-t-il. « Quatre-vingts autres recours ont été déposés devant le juge des libertés (JLD) pour non-respect des procédures », raconte le militant, qui précise que « le parquet n’avait pas été prévenu de leur transfert. De plus, leurs dossiers ne les ont pas tous suivis et certains ont raté leur rendez-vous à Paris avec le JLD ». Autant d’erreurs répétées dans la plupart des transferts de retenus de Vincennes durant le week-end qui entretiennent l’espoir de leur libération prochaine. « Dix autres personnes ont ainsi été libérées mardi après-midi à Nîmes et elles ont pris le train pour Paris où elles devaient arriver peu avant 17 heures », rapporte Pietro Truddaiu, militant PCF nîmois, qui évoque « quatre autres retenus en attente de libération ». À Lille, les « anciens de Vincennes » sont restés plusieurs heures enfermés dans les véhicules qui les ont achemeninés sur place, sans possibilité de communiquer avec leurs proches ou leur défense, et sans examens de santé. « Deux personnes ont été libérées du fait de la fin de leur période de rétention mardi, alors qu’une avait déjà été relâchée lundi. Cinquante-deux recours ont par ailleurs été déposés », comptabilise Caroline Larpun, responsable adjointe de la défense des étrangers en situation d’expulsion à la CIMADE. En attendant que la situation se clarifie, un numéro vert (08 11 00 06 75) a été mis en place pour permettre aux familles des ex-détenus de Vincennes de retrouver leurs proches. Une préoccupation qui est visiblement le dernier des soucis du premier ministre, François Fillon, selon lequel l’incendie de dimanche est incontestablement « d’origine criminelle ». « Ceux qui l’ont initié seront poursuivis par la justice », a-t-il martelé hier, rappelant que ces événements avaient été déclenchés « à la suite de la mort naturelle d’un homme qui était l’objet d’une interdiction définitive du territoire, qui avait un casier judiciaire extrêmement chargé et qui était l’exemple même de la justification de la politique que nous menons ». Pour François Fillon, tout sans-papiers est donc par essence un criminel. Difficile de parler encore d’« amalgames » quand il s’agit en fait du fondement d’une politique. Gédéon Richard - L'Humanité - jeudi 26 juin Article ajouté le 2008-06-26 , consulté 21 fois CommentairesLiensVoir les articles de la catégorie " Revue de presse (Lu, vu, entendu...) "Retour aux articles |