
a situation des droits de l'Homme reste encore préoccupante dans l'Ouest ivoirien, a indiqué jeudi un responsable de l'Opération de maintien de la paix de l'ONU en Côte d'Ivoire (Onuci), avec des cas de "civils sommairement abattus" et de "femmes violées".
Ces faits ont été évoqués par les populations des régions du Moyen Cavally et des 18 Montagnes (centre-ouest) au cours d'une visite en juin d'une délégation menée par chef de la division des droits de l'Homme de l'Onuci, Simon Munzu, dont les propos sont rapportés dans un communiqué de l'Onuci.
Même si l'on constate "une amélioration dans l'ensemble du climat général", les habitants ont déploré la persistance "de milices locales toujours armées" dans ces région où "l'on note des attaques récurrentes par des bandes armées organisées et des coupeurs de route", notamment sur l'axe Duékoué-Bangolo, a expliqué M. Munzu.
"Au cours de ces attaques, des civils ont été sommairement abattus, des femmes et des petites filles violées, les biens arrachés", a-t-il poursuivi en ajoutant que ces "bandes armées attaquent même des cortèges funéraires sur l'axe Guitrozon-Man".
Ces régions sont aussi le théâtre de "rivalités violentes et parfois sanglantes sur fond d'occupation et exploitation de terre par des communautés immigrées et l'exigence de leur restitution par des populations autochtones", a indiqué M. Munzu, citant le cas d'une médiation onusienne dans un village près de Duékoué.
"Cette situation se complique par le phénomène de +nouveaux venus+, populations venant des pays étrangers qui envahissent, occupent et exploitent des terres laissées vacantes par leurs propriétaires, déplacés internes dans certaines localités", a noté M. Munzu.
Le responsable de l'Onuci a aussi rapporté des "exactions que des éléments des Forces nouvelles (FN, ex-rébellion) continuent à infliger aux villageois, y compris la confiscation de leur bétail", ainsi que des arrestations abusives dans la région de Man.
Les FN ont signé en mars 2007 un accord de paix avec le président Laurent Gbagbo visant à réunifier le pays, coupé en deux depuis leur tentative de coup d'Etat en septembre 2002.
Cet accord prévoit un processus de désarmement et de réinsertion des ex-combattants qui peine à se mettre en place, en particulier pour les miliciens de l'Ouest qui ont soutenu le régime du président Gbagbo pendant le conflit.
L'Ouest ivoirien a été le théâtre de nombreuses violations des droits de l'Homme pendant ce conflit, provoquant des déplacements de populations. Des affrontements ont également eu lieu entre des villageois et des ressortissants ouest-africains, notamment burkinabè, venus travailler dans les plantations de cacao.