Les demandeurs d'asile ont levé le camp
Enroulées dans des couvertures, 25 personnes ont dormi sur le parvis de la mairie, dans la nuit de jeudi à vendredi. Hier soir, elles ont décidé de rentrer dans les squats... En attendant lundi.
Nous ? Mais qui, nous ? C'est le grand sujet de conversation, parmi ces hommes venus d'Afrique de l'Est. « L'hébergement et l'accompagnement des demandeurs d'asile, c'est une compétence d'État, » leur a rappelé, hier après-midi, Rose-Marie Véron. Une adjointe au maire « très en colère par rapport à cette situation. »
« Plus la capacité d'accueillir dignement »
Depuis six mois, dit-elle, le Point accueil Santé Solidarité de la mairie « est complètement débordé par les demandeurs d'asile. Les associations qui distribuent les repas, d'ailleurs financés par la Ville, n'arrivent plus non plus à gérer cet afflux. » Et de constater : « La collectivité angevine n'a plus la capacité à accueillir ces personnes dignement ».
Le maire a bien appelé au secours auprès du Premier ministre et du ministre de l'Immigration. « Mais sans obtenir de réponse concrète, déplore Rose-Marie Véron, agacée par certaines demandes du collectif. Il nous demande de réquisitionner les logements vides. Mais on ne va pas loger des gens qu'on ne peut pas accompagner ! »
Retour dans les trois squats
Hier matin, selon le collectif, la préfecture a proposé 25 places supplémentaires en Cada, les Centres d'accueil pour demandeurs d'asile. « Nous sommes une centaine dans les trois squats de la ville : rue de la Roë, Verneau et la Roseraie », réagit Jacob, venu d'Erythrée, perplexe. Hier soir, les manifestants ont décidé de lever le camp, et d'y réfléchir le temps du week-end.
En attendant, ils ont rejoint le squat de la rue de la Roë. Sept d'entre eux sont toujours menacés d'une astreinte de 4 400 € par la Ville, pour ne pas l'avoir quitté à temps. « Nous regarderons les possibilités d'annuler la procédure, si les lieux sont évacués », promet Rose-Marie Véron.

Commentaires