Sans Patrie

Dazibao : Une soirée militante et festive autour des libertés.

 

Organisées par le CRIJ Bretagne, les soirées Dazibao sont des soirées gratuites destinées aux jeunes. Elles  sont construites autour  d’une programmation musicale sur scène, d’espaces ludiques et d’espaces d’informations et de découvertes. 
 
Affiche Dazibao 31 mars 2016.jpg
 
Le programme de la soirée du 31 mars
 
La prochaine soirée Dazibao se déroulera le jeudi 31 mars de 21 h à 2 h dans l'ancienne Caserne de Gendarmerie de la rue Guillaudot (centre-ville de Rennes) pour une soirée "Merci de Déranger !" autour de la thématique des Libertés : l’occasion de s’exprimer, de s’informer et de faire la fête autrement.
 
Deux thématiques seront abordées autour de la situation des migrants :
La liberté de circuler : échanges sur l'actualité locale, nationale et européenne. 
Le droit au logement en raison de la date fatidique du 31 mars qui marque chaque année la fin de la trêve hivernale.
 
Plusieurs organisations seront présentes autour d'espace de projection vidéo, d'exposition photo,  d'animations, d'échanges : Le MRAP 35, Utopia 56, Un toit c'est un droit, Le DAL 35, la Fondation Abbé Pierre et la présentation du projet d’Albane autour de « dessinons nos rêves en exil » sur ses rencontres avec les migrants dans différents pays. 
 
Le théme des libertés sera plus largement abordé au cours de cette soirée avec un débat-mouvant géant animé par la SCOP le Contre-Pieds : Liberté d’Expression, Liberté de Circuler, Liberté à disposer de son Corps, Liberté de Consommer autrement, Liberté de s’amuser tout simplement. Il y aura également la création d'un fanzine participatif, une zone de gratuité, une disco-soupe, du futsal, le Genepi et sa reproduction taille réelle d’une cellule, démonstration et initiation de break dance...
 
Côté scène 
 
Black Crom (rap)
 
Weld El 15  (rap engagé)*
 
Billy Ze Kick (électro cosmique whizz)
 
Bout’40 (ragga sound system) 
 
La Folie des Glandeurs (flamenco-punk). 
 
* Weld El 15 : Un combat en musique
 
Alla Edine Yacoubi, alias Weld El 15, est un rappeur tunisien qui doit son succès à son identité musicale et son combat pour la liberté d'expression. 
Il a débuté à 15 ans et s’est rapidement imposé sur la scène locale. Sa carrière professionnelle commence en 2009. Son rôle d'animateur dans une émission de rap sur Radio Libre à Tunis en 2011 et sa collaboration artistique avec des rappeurs étrangers contribue à sa notoriété au-delà du Magreb. 
 
Symbole de la jeunesse tunisienne
 
Weld El 15 est arrêté le 21 février 2012 pour consommation de cannabis. Il est emprisonné pendant 9 mois. Durant sa détention, il écrit "Boulicia Kleb" (les policiers sont des chiens), une chanson contre les méthodes des forces de l’ordre qui lui vaudra une nouvelle condamnation à 2 ans de prison ferme en première instance. La peine est commuée à 6 mois avec sursis en appel, mais le soulagement est de courte durée. Après avoir interprété un extrait de cette chanson lors d’un festival à Hammamet en 2013, il est condamné à nouveau par contumace à 21 mois de prison ferme. Weld El 15 entre dans la clandestinité, mais après 4 mois de cavale, il décide de se rendre à son procès. Il est condamné à 4 mois de prison ferme avant d’être relaxé en appel.
Suite à ce long feuilleton judiciaire très médiatisé, le rappeur devient le symbole de la jeunesse déçue du Printemps arabe et porte-paroles du combat pour la liberté d’expression.  Il est sélectionné pour le prix Sakharov en 2014 qui honore les défenseurs des libertés fondamentales. Il reçoit le soutien de nombreux artistes internationaux. 
 
Un nouveau départ ?
 
C’est alors que des politiciens français lui proposent de venir en France. Avec Mustapha Fakhfakh, un autre rappeur tunisien, Weld El 15 débarque à Saint Malo en février 2015 muni d’un visa « compétence et talents », un sésame que des milliers d’artistes étrangers rêvent d’obtenir. Un contrat est signé pour 5 ans avec une maison de production rennaise. L’avenir sourit enfin aux 2 musiciens qui fourmillent de nouveaux projets artistiques. 
Dès leur première présentation au guichet de la préfecture d’Ille et Vilaine, le ton est donné : tentative d’intimidation et menaces de la part du chef de service des étrangers. Weld El 15 et Mustapha comprennent rapidement que le pays des droits de l’Homme est devenu une terre hostile aux étrangers. Ils déposent leur demande de titre de séjour, puis attendent …Un an s’écoule, la préfecture ne répond toujours pas, malgré l’intervention de nombreux élus.
 
Maltraité en France comme en Tunisie
 
Alors qu’ils ont quitté la Tunisie pour composer librement en France, Weld El 15 et son ami se retrouvent aujourd’hui sans-papiers, privés de tous leurs droits, contraints de vivre dans la plus grande précarité. Tous leurs projets artistiques sont arrêtés en attendant que la préfecture d'Ille et Vilaine daigne répondre à leur demande. Ils se sentent trahis, humiliés et surtout révoltés contre l'administration française qui les invite à venir en France, puis refuse de leur délivrer un titre de séjour acquis de plein droit avec le visa que ces mêmes autorités leur ont délivré. 
 
En Tunisie comme en France, Weld El 15 ne sera jamais réduit au silence. Nous vous invitons à venir les écouter sur scène à Rennes le 31 mars dans la cadre d'une soirée Dazibao consacrée aux Libertés :
 


29/03/2016
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