Sans Patrie


2 jeunes enfants enfermés au CRA de Rennes depuis 4 jours !

enfermement enfant.png

Monsieur et Madame Baliu ont fui le Kosovo en 2009 pour demander l'asile en France. Leurs 2 enfants sont nés à Annecy, Ardiola en 2011 et Erdi en 2015.

Leur demande d'asile a été rejetée et la famille Baliu s'est retrouvé assignée à résidence dans un hôtel à Annecy. Quand la police s'est présentée pour les arrêter, seul le père de famille était présent. Il a été expulsé en décembre 2015. La famille démembrée a trouvé refuge chez une soeur à Port Brillet. Cette petite commune de Mayenne s'est mobilisée pour soutenir Madame Baliu qui s'est rapidement investie dans la vie locale.

Pétition de soutien pour Madame B et ses enfants :

https://www.change.org/p/monsieur-le-pr%C3%A9fet-port-brillet-une-m%C3%A8re-menac%C3%A9e-d-expulsion

Après 6 années de présence en France, Madame Baliu a déposé une demande de régularisation, mais la préfecture de Mayenne ne lui a jamais répondu car elle était sous le coup d'une OQTF émise par la préfecture de Haute-Savoie.

Vendredi 5 août, la police se présente à leur domicile où ils étaient à nouveau assignés à résidence. La mère de famille et les 2 enfants sont directement embarqués vers l'aéroport.

Madame Baliu refusant de monter dans l'avion, elle est conduite avec ses 2 enfants au CRA de Rennes. Depuis 4 jours, une petite fille de 5 ans et son petit frère de 18 mois sont donc privés de liberté dans un univers carcéral pour de simples raisons administratives, car c'est là leur seul "crime" ! Rien ne peut justifier humainement de placer des enfants dans une prison pour étrangers, de les soustraire à leur milieu habituel en les soumettant à des formes multiples de violence.

Du haut de ses 5 ans, la petite fille s'interroge. "Ils veulent nous renvoyer où ? C'est ici chez nous, maman..."

Malgré les lourdes condamnations de la France par la CEDH (Cour européenne des droits de l'homme), le 12 juillet dernier, dans 5 affaires concernant l'enfermement de mineurs, le juge administratif a confirmé hier le placement en rétention de la mère et ses 2 enfants !

La famille sera présentée mercredi 10 août devant le JLD à 14h30

(6e étage Cité judiciaire de Rennes)



RESF 35 demande la libération immédiate de la famille Baliu. 


09/08/2016
0 Poster un commentaire

Une libération suite à une mobilisation exemplaire

Après l'audience.jpg
Ousmane entouré de ses soutiens à la sortie du TA
Rappel des faits  
 
Ousmane C. est arrivé en France à l'âge de 16 ans. Il a été pris en charge par l' ASE à Angers. Il est encore sous contrat jeune majeur jusqu'au 1er septembre. 
Il est scolarisé en 2e année de CAP maintenance au lycée professionnel St Serge à Angers. 
Il est sous OQTF depuis le 6/07/15 suite à une demande de titre de séjour, confirmée par le TA en octobre 2015. 
 
Ousmane est assigné à résidence depuis le 8/02 avec obligation de pointage tous les jours au commissariat d'Angers. C'est en allant signer jeudi 31 mars, qu'il a été arrêté puis envoyé au CRA de Rennes. Dès le lendemain matin, un vol était réservé pour Conakry. Il a refusé d'embarquer. 
Bien-sur la pref 49 conteste son âge (19 ans) et déclare que son acte de naissance est faux. Par contre son passeport, établi à partir de ce même acte, n'est pas remis en cause par les autorités guinéennes...
 
Une mobilisation exemplaire
 
Ousmane était un élève sans histoire qui n'avait jamais évoqué ses difficultés avec ses camarades de classe. Ses copains comme les enseignants ont été très choqués en apprenant la nouvelle de son arrestation. 
Malgré les vacances scolaires, Ousmane a reçu tout le wek-end des visites au parloir du CRA de Rennes : profs, éducatrice, compatriotes, militants RESF et LDH se sont succédé pour soutenir Ousmane qui vivait très mal l'enfermement. 
 

 
Ce matin, il y avait une trentaine de personnes à avoir fait le déplacement d'Angers pour accompagner Ousmane devant le TA pour contester son placement en rétention.
Ce fut une audience riche en émotions, d'où Ousmane est ressorti libre ! 
 
La mobilisation se poursuit jusqu'à la régularisation de Ousmane.

04/04/2016
0 Poster un commentaire

Dazibao : Une soirée militante et festive autour des libertés.

 

Organisées par le CRIJ Bretagne, les soirées Dazibao sont des soirées gratuites destinées aux jeunes. Elles  sont construites autour  d’une programmation musicale sur scène, d’espaces ludiques et d’espaces d’informations et de découvertes. 
 
Affiche Dazibao 31 mars 2016.jpg
 
Le programme de la soirée du 31 mars
 
La prochaine soirée Dazibao se déroulera le jeudi 31 mars de 21 h à 2 h dans l'ancienne Caserne de Gendarmerie de la rue Guillaudot (centre-ville de Rennes) pour une soirée "Merci de Déranger !" autour de la thématique des Libertés : l’occasion de s’exprimer, de s’informer et de faire la fête autrement.
 
Deux thématiques seront abordées autour de la situation des migrants :
La liberté de circuler : échanges sur l'actualité locale, nationale et européenne. 
Le droit au logement en raison de la date fatidique du 31 mars qui marque chaque année la fin de la trêve hivernale.
 
Plusieurs organisations seront présentes autour d'espace de projection vidéo, d'exposition photo,  d'animations, d'échanges : Le MRAP 35, Utopia 56, Un toit c'est un droit, Le DAL 35, la Fondation Abbé Pierre et la présentation du projet d’Albane autour de « dessinons nos rêves en exil » sur ses rencontres avec les migrants dans différents pays. 
 
Le théme des libertés sera plus largement abordé au cours de cette soirée avec un débat-mouvant géant animé par la SCOP le Contre-Pieds : Liberté d’Expression, Liberté de Circuler, Liberté à disposer de son Corps, Liberté de Consommer autrement, Liberté de s’amuser tout simplement. Il y aura également la création d'un fanzine participatif, une zone de gratuité, une disco-soupe, du futsal, le Genepi et sa reproduction taille réelle d’une cellule, démonstration et initiation de break dance...
 
Côté scène 
 
Black Crom (rap)
 
Weld El 15  (rap engagé)*
 
Billy Ze Kick (électro cosmique whizz)
 
Bout’40 (ragga sound system) 
 
La Folie des Glandeurs (flamenco-punk). 
 
* Weld El 15 : Un combat en musique
 
Alla Edine Yacoubi, alias Weld El 15, est un rappeur tunisien qui doit son succès à son identité musicale et son combat pour la liberté d'expression. 
Il a débuté à 15 ans et s’est rapidement imposé sur la scène locale. Sa carrière professionnelle commence en 2009. Son rôle d'animateur dans une émission de rap sur Radio Libre à Tunis en 2011 et sa collaboration artistique avec des rappeurs étrangers contribue à sa notoriété au-delà du Magreb. 
 
Symbole de la jeunesse tunisienne
 
Weld El 15 est arrêté le 21 février 2012 pour consommation de cannabis. Il est emprisonné pendant 9 mois. Durant sa détention, il écrit "Boulicia Kleb" (les policiers sont des chiens), une chanson contre les méthodes des forces de l’ordre qui lui vaudra une nouvelle condamnation à 2 ans de prison ferme en première instance. La peine est commuée à 6 mois avec sursis en appel, mais le soulagement est de courte durée. Après avoir interprété un extrait de cette chanson lors d’un festival à Hammamet en 2013, il est condamné à nouveau par contumace à 21 mois de prison ferme. Weld El 15 entre dans la clandestinité, mais après 4 mois de cavale, il décide de se rendre à son procès. Il est condamné à 4 mois de prison ferme avant d’être relaxé en appel.
Suite à ce long feuilleton judiciaire très médiatisé, le rappeur devient le symbole de la jeunesse déçue du Printemps arabe et porte-paroles du combat pour la liberté d’expression.  Il est sélectionné pour le prix Sakharov en 2014 qui honore les défenseurs des libertés fondamentales. Il reçoit le soutien de nombreux artistes internationaux. 
 
Un nouveau départ ?
 
C’est alors que des politiciens français lui proposent de venir en France. Avec Mustapha Fakhfakh, un autre rappeur tunisien, Weld El 15 débarque à Saint Malo en février 2015 muni d’un visa « compétence et talents », un sésame que des milliers d’artistes étrangers rêvent d’obtenir. Un contrat est signé pour 5 ans avec une maison de production rennaise. L’avenir sourit enfin aux 2 musiciens qui fourmillent de nouveaux projets artistiques. 
Dès leur première présentation au guichet de la préfecture d’Ille et Vilaine, le ton est donné : tentative d’intimidation et menaces de la part du chef de service des étrangers. Weld El 15 et Mustapha comprennent rapidement que le pays des droits de l’Homme est devenu une terre hostile aux étrangers. Ils déposent leur demande de titre de séjour, puis attendent …Un an s’écoule, la préfecture ne répond toujours pas, malgré l’intervention de nombreux élus.
 
Maltraité en France comme en Tunisie
 
Alors qu’ils ont quitté la Tunisie pour composer librement en France, Weld El 15 et son ami se retrouvent aujourd’hui sans-papiers, privés de tous leurs droits, contraints de vivre dans la plus grande précarité. Tous leurs projets artistiques sont arrêtés en attendant que la préfecture d'Ille et Vilaine daigne répondre à leur demande. Ils se sentent trahis, humiliés et surtout révoltés contre l'administration française qui les invite à venir en France, puis refuse de leur délivrer un titre de séjour acquis de plein droit avec le visa que ces mêmes autorités leur ont délivré. 
 
En Tunisie comme en France, Weld El 15 ne sera jamais réduit au silence. Nous vous invitons à venir les écouter sur scène à Rennes le 31 mars dans la cadre d'une soirée Dazibao consacrée aux Libertés :
 

29/03/2016
0 Poster un commentaire

European Black Days

European Black Days.jpg
 
 
Les jeudi 17 et vendredi 18 mars, les dirigeants turcs et européens se rassembleront à Bruxelles pour entériner des propositions de “solutions” relatives à la problématique des réfugiés et des migrants.
Ces propositions ne sont autre qu’un octroi de 6 milliards d’euros à la Turquie pour qu’elle bloque les migrants sur son territoire et qu’elle accepte également le renvoi sur ses terres de tous les migrants et réfugiés entrés illégalement en Grèce. Parallèlement à cela, la Turquie a accepté des flottes de l’OTAN dans ses eaux territoriales pour repousser les bateaux, tandis que l’Europe procède à la fermeture de la route des Balkans.
Ce serait un drame humanitaire, un drame politique pour l’Europe et un drame économique pour la Grèce. Au-delà de porter gravement atteinte aux conventions des droits de l’Homme et de Genève, ces décisions symboliseraient la fin de toute forme de solidarité de la part de l’Union Européenne.
Ensemble, marquons notre refus de cette Europe-là, celle de la division, de la violence et de la perte d’espérance. Refusons qu’en notre nom l’Europe ravive les jours noirs de son histoire.
NOUS CROYONS ENCORE EN UNE EUROPE SOLIDAIRE, 
MOBILISONS-NOUS LORS DES #EuropeanBlackDays #StopTheDeal
 
 
Refusons ce marchandage ! 
 
Retrouvez-nous aujourd'hui à 17h15 place de la Mairie à Rennes 

 


16/03/2016
0 Poster un commentaire

« Dans les coulisses de Roissy : l'enfermement des étrangers en aérogare »

 

« Dans les coulisses de Roissy : l'enfermement des étrangers en aérogare »

Sortie du rapport de visites des aérogares de Roissy-Charles de Gaulle

 

 Communiqué, 1er mars 2016

 

 

L’Anafé publie aujourd’hui, dans une version web, un rapport sur les constats alarmants recensés lors d’une campagne de visites des aérogares de Roissy-Charles de Gaulle d’août à octobre 2015. « Dans les coulisses de Roissy : l'enfermement des étrangers en aérogare » épingle les conditions de maintien, les violations des droits fondamentaux des personnes maintenues et les dysfonctionnements dans les aérogares de l’aéroport Roissy-Charles de Gaulle.

 

Au-delà de l’état des lieux sur la situation matérielle précaire voire indigne dans ces lieux invisibles, l’Anafé dresse le constat d’une situation inquiétante : non-respect récurrent des droits fondamentaux, entraves ou freins multiples à l’accès et à l’exercice des droits des étrangers et autres dysfonctionnements.

 

Invisibles parmi l’invisible, les aérogares sont les lieux les plus insaisissables en matière de procédure et de respect des droits pour les personnes qui font l’objet d’un refus d’entrée sur le territoire (français ou espace Schengen) et d’un maintien en zone d’attente.

 

Depuis plusieurs années, l’Anafé se rend fréquemment dans les aérogares de la zone de l’aéroport de Roissy et a décidé en 2015 d'y réaliser une campagne de visites d'août à octobre. Pendant cette période, une quinzaine d’intervenants de l’association ont effectué douze visites des aérogares A, C, D, E et F du terminal 2 et trois visites du terminal 1. L’objectif de ces visites répétées était d’avoir une vision à la fois globale et aussi précise que possible de la situation des étrangers maintenus dans les postes de police de l’aéroport Roissy-CDG.

 

Au cours de ces visites, les intervenants de l’Anafé, accompagnés d’un ou plusieurs officiers de la police aux frontières (PAF) de l’aéroport, ont pu s’entretenir avec des personnes maintenues en aérogares mais surtout avec des policiers de grades différents sur certains aspects de la procédure et des pratiques mises en œuvre. Ces échanges se sont révélés très variés, tant sur le fond (des réponses différentes à des questions identiques) que sur la forme (échanges plus ou moins fructueux et fluides selon les interlocuteurs).

 

Tirant des conclusions de cette campagne, constatant par ailleurs que la situation ne s'est globalement pas améliorée au fil des années, l'Anafé formule dix recommandations qu’elle adresse aux autorités compétentes afin que cessent les violations des droits fondamentaux aux frontières.   

 

 

 

Disponibles en ligne : Rapport « Dans les coulisses de Roissy : l’enfermement des étrangers en aérogare »

Voir sur le site : http://www.anafe.org/spip.php?article322


06/03/2016
0 Poster un commentaire


Recherche

Vous recherchez ? :